Etre maman, qu'est-ce que c'est?

Publié le par Merhand Claire

J’ai toujours voulu avoir des enfants. C’était mon objectif premier dans la vie. Je n’avais que faire d’une « carrière » comme on dit. Si « mère au foyer » était un métier, j’aurais suivi la formation pour le devenir !

Quand Nora est née, j’étais comblée. Complètement heureuse. Et puis bien sûr, les diverses difficultés ont fait leur apparition. Car, être maman, çà ne vous vient pas comme çà, tout cuit. Cà s’apprend petit à petit avec votre enfant. En faisant des erreurs et en apprenant d’elles. Cependant, instinctivement, certains gestes nous viennent, certains réflexes qui nous viennent de nos mères ou de nos grands-mères. Parfois plus anciens.

Et puis Titouan s’est fait annoncé. Là, j’ai entrevu la catastrophe. Déjà, avec un, je jonglais pas mal alors avec deux, bonjour les dégâts comme on dit.

Tout d’abord, comment gérer ma grossesse avec ma petite fille d’un an qui réclame continuellement mon attention. On dit aux femmes enceintes de ne pas porter de choses lourdes. Est-ce que 10 kg, c’est lourd ? Si oui, comment dit-on à son bébé qu’on ne peut plus la porter ?

Un deuxième enfant voulait dire également pour nous déménager. Quitter notre appartement pour autre chose mais quoi ? Qu’aurions-nous les moyens de nous offrir avec mon mari au chômage et moi bientôt en congé parental ? Autrement dit, une grossesse sous le signe de l’anxiété. En tant que mère, je voulais faire autant pour Titouan que j’avais fait pour Nora et continuer à faire pour Nora ce que je faisais depuis sa naissance. Utopie, tu nous fais rêver ! J’ai forcément moins profité de ma deuxième grossesse que de la première et les premiers mois de Titouan ont été consacrés au déménagement et à l’emménagement. Quant à Nora, j’étais bien sûr moins disponible pour elle. Il y a des manques qui ne seront jamais comblé et des fêlures qui resteront gravées sur mon cœur.

Comme personne n’est parfait, j’ai mon lot d’échecs et d’erreurs mais jusqu’à présent, je les ai assumés du mieux que j’ai pu en essayant parfois de les transformer en quelque chose de positif. Les erreurs que je fais en tant que mère sont pour moi les plus douloureuses. Je me demande constamment si je fais les choses correctement. Je me remets souvent en question. Je cherche la solution miracle qui n’existe pas. Je suis aux anges quand on dit quelque chose de gentil sur mes enfants et au contraire, au quatrième dessous, si c’est négatif. Même si la critique n’est pas justifiée.

Je perds souvent patience et je me sens souvent débordée. Par moment, j’ai envie de les étriper mes petits monstres. Ils sont bruyants, collants, désobéissants.

Et puis, parfois, je m’arrête un instant et je les regarde. Ils sont beaux, attachants et câlins.

Nora est une petite fille pleine de vie, curieuse. Pour elle, tout est un jeu où il faut qu’elle gagne. Elle veut tout faire, tout essayer. Elle est excessive et bouillonnante.

Titouan est anxieux et casse-cou. Il déménage tout et mange comme un petit cochon. Il grimpe partout et s’enfuit volontiers. Il se colle à ma jambe dix fois par jour et s’assure constamment que je suis toujours là. Il progresse vite pour faire tout comme sa grande sœur. C’est un petit bulldozer.

J’aime mes enfants et j’ai de la chance de les avoir.

Quand j’ai quelques instants de calme ou quand je vois une femme enceinte ou un bébé, je me surprends à vouloir remettre le couvert. Porter la vie est une expérience tellement unique que je me prends à rêver durant une minute qu’une petite vie se développe en moi. Et puis je redescends sur Terre, Nora vient de pousser son frère qui se met à hurler. Au boulot, maman !

Publié dans maman-au-secours

Commenter cet article